ELECTROBEACH

Allons-nous devenir un peuple de sourds ?

13/9/18
Allons-nous devenir un peuple de sourds ?
Allons-nous devenir un peuple de sourds ?


La défense de la santé auditive devient une urgence sociale.
Tout le monde ne sait malheureusement pas que les dégâts occasionnés par des niveaux sonores excessifs sont irréversibles. Ni que notre oreille, un bijou de fragilité, commence à souffrir dès l’exposition supérieure à 80 décibels. Ou bien qu’un pic sonore à 120 décibels de quelques secondes peut lui être fatal. Encore moins que les cellules ciliées, principal organe de l’audition, au nombre limité de 18.000, soumisent à des vibrations trop fortes se cassent, comme des arbres dans la tempête, de manière définitive! 
Si bien qu’aujourd’hui les problèmes d’audition touchent 20% de la population, dont près de 1 jeune sur 2 et est en forte augmentation.
Qui sont les responsables ? 
Un peu les baladeurs, mais leur faible puissance en limite fortement le danger. Surtout les boites de nuit et les concerts qui, ces dernières années ont franchi toute les limites du raisonnable, en particulier dans les ondes très basses (les plus dangereuses) et sont les plus grands pourvoyeurs d’acouphènes et de surdités réactionnelles.
La principale raison de ces abus est une législation dépassée (datant de 1998) beaucoup trop permissive. 
Non seulement la limite supérieure de la puissance des sons amplifiés dans les espaces clos (les boites de nuit principalement) est trop élevé (105 décibels sur tout le spectre), mais elle n’encadre pas les concerts de plein air, permettant dans ce cas tous les excès.
Prenons l’exemple du festival de musique électronique Electrobeach de Barcarès. 
Des mesures acoustiques atteignant 100 dB en moyenne, 110 dB en pointe, ont été réalisées à l’extérieur de la zone du public. Cela signifie qu’à proximité des enceintes des niveaux dépassant le seuil de la douleur et du traumatisme instantané sont atteints. Ayons une pensée pour les milliers de jeunes qui en voulant s’amuser risquent de se retrouver handicapés à vie.  
De même pour les riverains. Sur les terrasses ou dans les habitations jouxtant le festival (à moins de 35m !) le niveau sonore dépasse souvent les 100dB en pointe. Là aussi, des milliers de personnes, non consentantes, dont de jeunes enfants, voient leur capital acoustique entamé et doivent supporter le trouble anormal de leur tranquillité.
Concernant le complexe du Marina. Le niveau sonore mesuré à proximité, atteint régulièrement les 85dB, niveau insuffisant pour créer un risque direct, mais largement suffisant pour priver des centaines de personnes d’une tranquillité et d’un repos normalement garantis par la législation. 

Fort heureusement, un nouveau décret (N°2017-1244 du 7/8/2017, applicable au 1/10/2018), bien qu’insuffisamment ambitieux, vient moderniser et limiter le laxisme actuel : le niveau sonore maximum « des sons amplifiés » est abaissé de 105 à 102 dBA (soit une puissance sonore divisée par 2) et les manifestations en plein air (les festivals) sont enfin soumis à la règle commune. De plus « la santé et la tranquillité » des riverains sont prisent en compte, ainsi que la mise à disposition de protections auditives, comme l’information du public et la création de zones de repos auditif.
Cette avancée reste toutefois timide et éloignée des préconisations de l’OMS qui recommande un maximum de 85dB sur 8h, soit moins de 10mn d’exposition au niveau de 102dB !
La santé ne se brade pas et les dégâts sur le plan auditif étant actuellement irréparables, nous appelons chacun d’entre vous à la plus grande vigilance, et demandons aux pouvoirs publics  la mise en place d’une éducation des risques auditifs, assortie d’une législation suffisamment protectrice.
 

 

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